Le mÖ du président

Le président du maelström
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »
 
Vous connaissez sans doute cette légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi.
En la relisant, je me suis demandé : quel feu pouvons-nous contribuer à éteindre et quelle pourrait être notre part au maelstrÖm ?
 
D’incendie, malheureusement, il n’y en a pas qu’un. Qu’ils soient écologiques, sociaux, ou politiques, individuels ou collectifs, les incendies sont nombreux. Et, dans ce contexte, ayons la modestie d’admettre que le maelstrÖm ressemble davantage à un colibri qu’à un Canadair !
 
Il y a néanmoins un sujet pour lequel nous apportons notre goutte d’eau afin de lutter contre son appauvrissement : le collectif humain. Nous accueillons, tous ceux qui veulent nous rejoindre, sans concours d’entrée, sans sélection. Chacun et chacune peuvent y trouver un espace pour se lancer, vibrer, se révéler.
 
On y apprend à mettre son ego en sourdine pour soutenir les autres et réussir collectivement plutôt qu’individuellement.
 
Ce Collectif est un terrain fertile d’où émergent les relations et les échanges, le maillage des idées et des actions, parfois bien au-delà du maelstrÖm.
 
Ici, c’est un point de rencontre pour des personnes qui viennent de routes différentes et qui feront avec nous une petite halte ou un long séjour.
 
Ce Collectif est un espace d’entraide et de solidarité, où chacune et chacun apporte son savoir-faire, son énergie ou son temps pour que les représentations aient lieu, que les festivals aient lieu, que le public vienne. Sans cela, il n’y a plus de maelstrÖm : sans ce collectif humain engagé et tourbillonnant, la compagnie disparaît.
 
Nous n’éteindrons pas l’incendie des millions de personnes qui fuient la guerre ou la famine, de ceux qui se débattent pour leur travail, leur dignité ou leur survie. Mais ce n’est pas une raison pour être résigné.


Cette goutte d’eau, c’est notre contribution à lutter contre un individualisme parfois trop dominant. C’est notre contribution à l’apprentissage de la différence et de la tolérance. C’est notre contribution à démontrer qu’avec de l’engagement, des convictions et un collectif solidaire, on peut créer de belles choses.

 
Et vous, cher public, que vous soyez de passage, que vous nous soyez fidèles depuis longtemps, que vous soyez là pour soutenir votre compagne ou votre compagnon, votre ami ou votre voisin, que vous soyez un néophyte, un curieux ou un mordu, qui que vous soyez, nous vous remercions sincèrement d’apporter votre goutte d’eau pour que perdure l’aventure humaine de notre collectif. Restons vivants !

Laurent Ostiz (président, clown, formateur)